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Edito mai 2014

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Le trac – un zest de Tao

Le trac n’est pas une peur. Il est une adaptation du corps, saine et précieuse, à l’engagement fort qui consiste à monter sur scène. Outil essentiel et indispensable, il permet la concentration, la cohésion de l’esprit et du corps, l’unité de l’être, le dosage équilibré des énergies, forces, tensions et détentes nécessaires, la mise à disposition des ressources. De sa qualité dépend celle du Spectacle qu’il polarise.

Le trac est un réveil du feu. Il est un « général » aux ordres d’un « empereur ». Il bat le rappel des troupes (le cœur bat boum boum), les « soldats » rejoignent leurs quartiers au pas de course (fourmillements, circulation du sang) et sont prêts à l’action : acuité de conscience augmentée, concentration accrue, éveil du plaisir de travailler, de l’envie d’y aller, lumière dans les yeux.

« L’empereur » est la conscience claire, l’intention, l’instance présidant aux choix, le goût artistique, le cœur de l’engagement. Que le « général » déclenche trop tôt le mouvement et c’est la débandade : les « soldats » désœuvrés se relâchent, s’installent, lavent leurs habits à la rivière, partent faire des courses, jouent, font des sms, bref, se démobilisent… Reste la fatigue de toute cette levée d’énergie, déjà retombée ; et quand vient enfin l’entrée en scène, on est « lessivé » !

Qui a vécu un « shoot d’adrénaline » sait qu’il flambe le corps, l’use et crée un stress et une méfiance durables vis à vis de la scène. Car l’absence de toute conscience se tourne en impuissance une fois les fameuses « ailes » retombées - et c’est trop cher payer.

En vérité, un bon trac n’a besoin de durer que quelques minutes, voire quelques secondes pour polariser un Spectacle et permettre sa réussite. Le secret, pour obtenir un excellent trac, consiste à renforcer « l’empereur »…

Catherine Zarcate